Ces (trop) chères colonies de vacances

J’vous écris une petite bafouille pour pas qu’vous vous fassiez d’mouron, ici on est aux p’tits oignons j’ai que huit ans mais je m’débrouille»… Ceux, notamment les quadras, quinquas… qui ont connu «la colo de papa» savourent la prose du poète castelsarrasinois, témoin d’une époque ou colons et monos se la jouaient en toute simplicité… et pour pas cher. Une époque révolue ? Sûr ! La colo a changé. Peut-être s’est-elle mise plus à l’écoute des enfants et de leurs attentes ? Probablement a-t-elle trop facilement cédé aux modes et aux sirènes de la suractivité ? Mais la colo a également dû se remettre en question sur la sécurité et la réglementation… Bref, les temps ont changé et les colos avec. L’actualité estivale a souligné les difficultés rencontrées par les organisateurs de «colo» pour remplir les séjours, en dépit du fait que des millions de gamins ne partent toujours pas en vacances l’été.

700 € pour 17 jours

Trop chère» la colo ? «Le coût financier pour envoyer ses enfants en colo est devenu inabordable pour une majorité de familles», reconnaît Rodolphe Portoles, trésorier de l’association Danielle Casanova et à ce titre grand argentier des séjours organisés par l’asso à Labenne (landes) où plus de 120 jeunes tarn-et-garonnais auront séjourné cet été. Ici le prix de journée est fixé à 32 € (39 € pour les pré-ados), soit environ 700 € à débourser pour un séjour de 17 ou 18 jours… «Nous sommes largement en dessous des prix pratiqués sur le marché des vacances des jeunes. C’est ce qui explique en partie, notre succès», analyse R.Portoles, évoquant «une petite baisse de 10 %»… 700 € quand même. Une somme, éventuellement à multiplier par le nombre d’enfants présent dans la famille. C’est chaud… D’autant plus chaud qu’aujourd’hui les aides aux familles ont fondu comme neige au soleil. Les bourses de la CAF ont disparu se limitant désormais aux seuls centres aérés, voire aux familles en très grande difficulté. Subsistent encore les bourses de la Jeunesse au Plain Air (JPA) elles aussi conditionnées aux ressources, les aides des Secours Populaire ou Catholique, voire les participations des CE elles aussi revues à la baisse. Pour sauver les colos, reste donc à imaginer un dispositif qui permettrait d’aider les familles à supporter le coût des séjours. Un prélèvement sur l’hôtellerie de luxe serait actuellement à l’étude.

Des activités moins coûteuses… mais toujours éducatives

Au chapitre financier, le fonctionnement des centres de vacances devient aussi aujourd’hui un souci, notamment pour le secteur associatif. La donne est différente pour le secteur marchand et les organisations proposant des séjours à thèmes forcément plus coûteux. Alors la colo, telle que les associations loi 1901 la conçoivent, s’efforce de faire bien avec peu. «On constate aujourd’hui une course effrénée à l’activité», regrette encore Rodolphe Portoles qui avec ses collègues (Lucie Nadal et Sylvie Levitre) a su faire preuve d’ingéniosité cet été à Labenne pour proposer des activités plus traditionnelles en complément d’autres menées avec des prestataires (pour le surf, l’équitation). À Labenne, les jeunes ont ainsi pu goûter aux plaisirs des fêtes Landaises mais aussi retrouver les joies de la veillée autour d’un feu de camp, sans oublier celles de la baignade à l’océan. Mais malgré la sagesse et le contenu pédagogique et éducatif de ces colonies «à l’ancienne», la gestion d ‘une colo devient un exercice délicat. «Quand on équilibre notre budget on est heureux», poursuit Rodolphe Portoles. En revanche, pour l’association Danielle Casanova qui est propriétaire de son centre à Labenne, les charges d’entretien deviennent de plus en plus lourdes. «Ça pèse 20 à 25 % d’un budget», assure le trésorier même si au sein de cette asso, bénévoles, amis et parents réalisent eux-mêmes de nombreux travaux. On l’a dit, les aides aux parents se font de plus en plus rares. Celles destinées aux associations aussi. Pour Labenne, la subvention de la mairie de Montauban est passée de 18 000 francs (près de 3 000 €) sous Roland Garrigues, à 400 € aujourd’hui. «Heureusement, le conseil général a maintenu son aide. ça nous sauve».

Quant à la législation obligeant désormais les animateurs à respecter de vrais temps de repos, le secteur associatif s’appuyant sur une dérogation européenne a mis en place des «repos compensateurs» permettant d’assurer toujours le quota d’encadrement réglementaire de 1 adulte pour 7 enfants.


Ajouté le 21/08/2013 par JPA82 -