Quand l'accès aux vacances devient un droit

Depuis 1996, l’opération «Premiers Départs en Vacances» a permis à plus de 30 000 enfants de Midi-Pyrénées de goûter aux joies de la colonie.

Il n’avait que 7 ans à l’époque, mais Jérémy Schacher s’en souvient encore. «C’était en 1998, et je partais pour la première fois en vacances». S’il ne se rappelle plus du lieu exact, Jérémy garde en tête qu’il était «au milieu de hautes montagnes».

«C’était quelque chose de quitter sa maison, sa mère» dit-il, mais «rapidement, je me suis fait des amis. Et finalement je n’avais plus envie de partir !». Ancien pensionnaire de l’opération «Premiers Départs en Vacances», Jérémy se rend aujourd’hui compte de ce qu’un simple séjour a pu lui apporter.

«La thématique de la colonie portait sur les cultures du monde. Alors, on vivait dans des yourtes et des tipis» raconte le jeune homme devenu boulanger. Surtout, c’est la première fois que Jérémy s’est initié à la musique.

«On construisait des instruments en lien avec les cultures que l’on découvrait» explique-il.

Quelques objets recyclés et le tour était joué. D’ailleurs, Jérémy conserve toujours son instrument de percussion fait en pots de camembert ! «Il est en mauvais état désormais» dit-il dans un éclat de rire, avant de reprendre : «Depuis, je n’ai plus cessé de pratiquer la musique. Aujourd’hui je fais de la guitare et de la basse».

Des séjours à 58 €

Les jeunes qui, comme Jérémy, ont découvert les joies des vacances grâce aux «Premiers Départs» concernent désormais plus de 30 000 enfants, dont certains sont devenus adultes. Supervisé par l’UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme) depuis 1996, le dispositif se finance grâce aux engagements conjugués du conseil régional, et de la Fédération des CAF. À son lancement, l’objectif initial était de faire partir 1 250 jeunes en vacances par an. Mais depuis 2008, près de 2000 enfants de la région partent chaque année pour un séjour de 6 à 21 jours au sein de centres de vacances situés exclusivement en Midi-Pyrénées. «Il y a quelques années, on avait parfois du mal à compléter nos séjours», explique Sylvie Compan, employée de la CAF81. «Mais avec la crise, l’opération est devenue indispensable».

L’une des volontés affichées est de promouvoir la mixité sociale. Jamais il n’a été question de grouper les enfants bénéficiaires dans les mêmes établissements de vacances. Au contraire, ces jeunes, souvent repérés par des travailleurs sociaux, sont directement intégrés dans des séjours classiques et déjà existants. Ainsi, sont proposées plus de 70 thématiques différentes comme l’équitation, le cirque, le canoë-kayak, le tir à l’arc, la randonnée et bien d’autres encore.

Marine Lacarrère dirige par exemple des séjours à Auzole (Lot-et-Garonne) qui ont pour dominante l’activité «moto, une discipline qui nécessite habituellement un coût important» confie-t-elle. «Mais pour ces jeunes, le prix est toujours le même, l’engagement financier des familles se limite à 58 €». Et ce, quelle que soit la durée du séjour.

Une contribution qui demeure malgré tout «trop élevée pour certaines familles» souligne Sylvie Compan. «D’autres, sont aussi réticentes à laisser partir leurs enfants, car l’image des «colos» a parfois été ternie ces dernières années. Mais avec le temps, on arrive à les convaincre et une confiance s’installe», observe-t-elle.


Les objectifs du prochain été

L’opération des «Premiers Départs en Vacances» compte poursuivre ses efforts en 2014 afin de faciliter l’intégration de jeunes porteurs de handicap.

Les différents partenaires unissent donc leurs efforts, leurs compétences et leurs savoir-faire pour permettre à une trentaine de jeunes porteurs de handicap de bénéficier de vrais jours de vacances dans des structures d’accueil collectif de mineurs non-spécialisées. Là encore, chaque famille ne paiera que 58 €.


Ajouté le 21/08/2013 par JPA82 -